Capacité thermique massique
La chaleur massique ou chaleur spécifique, qu'il convient d'appeler capacité thermique massique, est déterminée par la quantité d'énergie à apporter par échange thermique pour élever d'un Kelvin la température de l'unité de masse d'une substance.
Catégories :
Grandeur physique - Métrologie - Thermodynamique
Recherche sur Google Images :
Source image : ac-creteil.fr Cette image est un résultat de recherche de Google Image. Elle est peut-être réduite par rapport à l'originale et/ou protégée par des droits d'auteur. |
Page(s) en rapport avec ce sujet :
- On trouve que la capacité thermique massique est discontinue au point T 0 et que... Cette loi indique que le produit de la chaleur spécifique d'un solide …... et la chaleur spécifique sous volume constant est la même pour l'ensemble des gaz... (source : universalis)
- de référence dont la capacité thermique massique est idéalement connue et qui ne présente pas de ..... positionnées à la sortie de la bouteille de gaz sont préconisées.... l'une pour la phase solide et l'autre pour la phase liquide.... (source : metrologie-francaise)
- ... Les gaz à l'état de traces dans l'atmosphère jouent le même rôle.... solides en suspension ou dissous. L'industrie utilise une..... l'énergie est le joule (J) ; l'unité de mesure de la capacité thermique massique est ... (source : www2.cslaval.qc)
La chaleur massique ou chaleur spécifique[1] (symbole c ou s), qu'il convient d'appeler capacité thermique massique, est déterminée par la quantité d'énergie à apporter par échange thermique pour élever d'un Kelvin la température de l'unité de masse d'une substance. C'est par conséquent une grandeur intensive égale à la capacité thermique rapportée à la masse du corps étudié.
L'unité du système international est alors le joule par kilogramme-kelvin (J·kg-1·K-1). La détermination des valeurs des capacités thermiques des substances relève de la calorimétrie.
Suivant le type de transformation thermodynamique, on considère soit l'énergie interne massique, soit l'enthalpie massique. Si on note U l'énergie interne, H l'enthalpie et m la masse d'un corps on a par conséquent les capacités thermiques massiques :
- à volume constant :
; - à pression constante :
.
La différence entre la chaleur spécifique à pression constante cp et la chaleur spécifique à volume constant cV est liée au travail qui doit être apporté pour dilater le corps en présence d'une pression externe. Si elle est fréquemment négligeable pour les phases condensées connues peu compressibles et peu dilatables (liquides ou solides) la différence entre cV et cp est importante pour les gaz.
Cas des gaz parfaits
D'après la théorie cinétique des gaz, l'énergie interne d'une mole de gaz parfait monoatomique est égale à (3/2) RT, et plus élevée pour les gaz dont les molécules sont polyatomiques ; par exemple, (5/2) RT pour un gaz diatomique. Le calcul théorique n'est plus envisageable pour les molécules complexes.
La capacité massique à volume constant est ainsi de :
pour un gaz parfait monoatomique ;
pour un gaz parfait diatomique.
La capacité massique à pression constante d'un gaz parfait peut être déterminée à partir de la capacité massique à volume constant, puisque l'équation des gaz parfaits exprime que :
, et donc : 
p étant la pression, v le volume massique[2], R la constante molaire des gaz[3], et M la masse molaire du gaz reconnu.
La différence théorique entre ces deux valeurs est ainsi :
, u ne dépendant que de la température.
Le rapport des deux capacités d'un gaz est important en thermodynamique ; il est noté gamma :
Sa valeur dépend de la nature du gaz reconnu ; pour un gaz parfait, la valeur théorique de γ est :
- γ = 5/3= 1, 67 pour un gaz monoatomique (1/ (γ-1) =3/2=1, 5) ;
- γ = 7/5= 1, 4 pour un gaz diatomique (1/ (γ-1) =5/2=2, 5).
| Gaz | Masse molaire (kg/mol) |
température (°C) |
Cv capacité massique J/ (kg. K) |
![]() |
|---|---|---|---|---|
| Air | 29×10-3 | 0-100 | 710 | 2, 48 |
| Argon | 39, 948×10-3 | 15 | 320 | 1, 54 |
| Azote | 28, 013×10-3 | 0-200 | 730 | 2, 46 |
| Dioxyde de carbone | 44, 01×10-3 | 20 | 650 | 3, 44 |
| Hélium | 4, 003×10-3 | 18 | 3160 | 1, 52 |
| Hydrogène | 2, 016×10-3 | 16 | 10140 | 2, 46 |
| Oxygène | 31, 999×10-3 | 13-207 | 650 | 2, 50 |
| Vapeur d'eau | 18, 015×10-3 | 100 | 1410 | 3, 06 |
Cas des solides
Valeurs courantes
| Substance
(phase solide) |
Capacité thermique
massique J·kg-1·K-1 |
|---|---|
| Asphalte | 920 |
| Brique | 840 |
| Béton | 880 |
| Granite | 790 |
| Gypse | 1090 |
| Marbre | 880 |
| Sable | 835 |
| Bois | ≈ 1200-2700[5], [6] |
Cas des solides cristallisés
Dans le cas des solides, à suffisamment haute température, la loi de Dulong et Petit est applicable et permet surtout retrouver que, à basse température,
du fait de la contribution des phonons. Si le solide est un métal, il faut ajouter la contribution des électrons qui est proportionnelle à la température.
Les cœfficients de dilatation des corps solides et liquides sont le plus souvent suffisamment faibles pour qu'on néglige la différence entre Cp et CV pour la majorité des applications.
| Substance | Θ (K) |
|---|---|
| Al | 398 |
| C (diamant) | 1860 |
| Cu | 315 |
| Fe | 420 |
| K | 99 |
| Pb | 88 |
Suivant la théorie de Debye, la capacité thermique molaire d'un corps simple solide peut être déterminée au moyen de la formule :

avec
,
Θ est la température de Debye, qui est une caractéristique de chaque substance,
R est la constante molaire des gaz[3],
et
.
Cette formule se simplifie à basse température, ainsi qu'à haute température ; dans ce dernier cas, nous retrouvons la loi de Dulong et Petit :
Formules empiriques
Pour des corps purs (solides, liquides ou gazeux) ainsi qu'à pression constante, 2 formules empiriques à 3 paramètres ont pu être dégagées, pour un intervalle de température donné :
Cp = a + bT + cT2 ou bien Cp = a'+ b'T + c'T − 2.
Les valeurs des cœfficients sont indiqués dans des tables et sont caractéristiques d'un corps donné.
Pour le bois sec, par exemple, on a[6] :

avec :
- cp, anhydre : exprimé en kJ·kg–1·K–1
- T : température thermodynamique (K).
À 20°C, on obtient 1236 J/kg. K pour le bois sec.
Pour le bois humide[6] :

où Hs est la masse d'eau rapportée à la masse du bois sec en %.
Mesure de la capacité thermique massique d'un solide
La capacité thermique massique d'un solide peut être mesurée en utilisant un appareil de type ATD (analyse thermodifférentielle, ou DSC pour differential scanning calorimetry). Elle peut se définir de la façon suivante : lorsque un dispositif passe de la température T à une température T+dT, la variation d'énergie interne du dispositif dU est liée à la quantité de chaleur échangée δQ selon :

avec pe la pression extérieure à laquelle est soumis le dispositif et dV la variation de volume. Si V=Cte :

En revanche, si la transformation est isobare (pression constante), on obtient en utilisant la fonction enthalpie du dispositif, la relation :

Si P= cte

avec Cp la capacité à pression constante. La mesure consiste par conséquent à mesurer la différence de température créée par un échange thermique donné, ou le flux d'énergie se traduit par une différence de température.
Le schéma suivant illustre la technique instrumentale utilisée dans le cas de la première méthode (mesure de la différence de température).
L'appareil est constitué de deux «plots» indépendants et d'un four. Des thermocouples permettent de mesurer la température de la face supérieure des plots en contact avec l'échantillon, mais aussi la température du four. Celle-ci correspond à la température de mesure. L'ensemble des mesures sont effectuées en utilisant un porte-échantillon d'aluminium vide sur l'un des plots. Une première mesure d'un autre porte-échantillon d'aluminium vide permet d'obtenir une ligne de base (dépendant de la mesure de température par les thermocouples). Puis une mesure d'un échantillon de référence de chaleur massique connue permet d'étalonner l'appareil. Enfin, l'échantillon sous forme de poudre est mesuré et sa chaleur massique est obtenue par comparaison avec celle de l'échantillon de référence. Pour perfectionner la précisions de la mesure, il convient de prendre en compte le cas échéant la différence de masse entre les deux porte échantillons (la correction s'effectue en utilisant la chaleur massique de l'aluminium). La source d'erreur principale provient de la qualité du contact thermique entre le plot et le porte-échantillon.
Valeurs pour différentes substances
| Substance | Phase | Capacité thermique massique J·kg-1·K-1 |
|---|---|---|
| Air (sec) | gaz | 1005 |
| Air (saturé en vapeur d'eau) | gaz | ≈ 1030 |
| Aluminium | solide | 897 |
| Azote | gaz | 1042 |
| Cuivre | solide | 385 |
| Diamant | solide | 502 |
| Eau | gaz | 1850 |
| liquide | 4186 | |
| solide (0 °C) | 2060 | |
| Éthanol | liquide | 2460 |
| Fer | solide | 444 |
| Graphite | solide | 720 |
| Hélium | gaz | 3160 |
| Hexane | liquide | ≈ 2267.95 |
| Huile | liquide | ≈ 2000 |
| Hydrogène | gaz | 14300 |
| Laiton | solide | 377 |
| Lithium | solide | 3582 |
| Mercure | liquide | 139 |
| Octane | liquide | ≈ 1393.33 |
| Or | solide | 129 |
| Oxygène | gaz | 920 |
| Zinc | solide | 380 |
Notes
- On rencontre quelquefois le terme spécifique, dans le même sens que massique. C'est un calque de l'anglais specific heat désignant le terme français chaleur massique
- Le volume massique est la grandeur inverse de la masse volumique.
- R = 8, 314 4 J/K/mol.
- À la différence du premier tableau où on donne la capacité massique à pression constante..
- Eugène Péclet, Traité de la chaleur, reconnue dans ses applications, D. Avanzo et Ce, 1844, 420 p. [lire en ligne], p. 17.
Les valeurs indiquées sont en calorie/kg/°C.
- «Bois énergie», Techniques de l'ingénieur, 10 juillet 2004, réf BE 8535.
Voir aussi
Bibliographie
- J. Boutigny, Thermodynamique, Vuibert.
- Lev Landau et Evguéni Lifchitz, Physique théorique, tome 5 : Physique statistique, éd. MIR, Moscou [détail des éditions]
- Charles Kittel (trad. Nathalie Bardou, Évelyne Kolb), Physique de l'état solide [«Solid state physics»], 1998 [détail des éditions]
Recherche sur Amazone (livres) : |
Voir la liste des contributeurs.
La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 11/11/2010.
Ce texte est disponible sous les termes de la licence de documentation libre GNU (GFDL).
La liste des définitions proposées en tête de page est une sélection parmi les résultats obtenus à l'aide de la commande "define:" de Google.
Cette page fait partie du projet Wikibis.




Accueil
Recherche
Début page
Contact
Imprimer
Accessibilité