Cellule à enclumes de diamant

La cellule à enclumes de diamant ou presse à enclume de diamant est un système qui sert à soumettre un matériau à des pressions et températures particulièrement élevées et de réaliser de nombreuses mesures physiques dans ces conditions.


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Science des matériaux - Mesure physique - Métrologie

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Schéma du principe d'une cellule à enclumes de diamant

La cellule à enclumes de diamant (en anglais diamond anvil cell) ou presse à enclume de diamant est un système qui sert à soumettre un matériau à des pressions et températures particulièrement élevées et de réaliser de nombreuses mesures physiques dans ces conditions. Ses performances et sa relative facilité d'utilisation en ont fait un système inévitable dans les études des comportements des matériaux sous hautes pression. Elle est surtout particulièrement utilisée en géologie où les conditions existant dans le manteau terrestre peuvent être reproduites.

Histoire du développement de la cellule à enclumes de diamant

Première cellule à enclumes de diamant exposée au musée du NIST de Gaithersburg

La cellule à enclumes de diamant a été conçue aux États-Unis en 1958 et la technique de mesure de la pression par fluorescence du rubis en 1972 [1]. Ces deux techniques ont été mises au point au National Bureau of Standards (NBS), actuellement connu sous le nom de National Institute of Standards and Technology (NIST), par Charles E. Weir, Alvin Van Valkenburg, Ellis R. Lippincott et Elmer N. Bunting [2], [3].

Le NBS étant une institution fédérale américaine, Alvin Van Valkenburg obtient gratuitement des diamants pour concevoir son enclume. Ces diamants avaient été confisqués par le gouvernement américain à des trafiquant de diamants. Cet aspect est important, car la mise au point de la cellule à enclumes de diamants aurait sans doute été ralentie si les chercheurs avaient été obligés de payer les diamants, car un certain nombre ont été détruits avant de réussir à concevoir un instrument fonctionnel [2].

Principe général

La pression est une force appliquée sur une surface, dont la formule est la suivante :

p=\frac{F}{S}

p est la pression exercée, F la force appliquée et S la surface.

Pour atteindre de hautes pressions, on peut agir sur deux aspects :

La cellule à enclumes de diamant joue essentiellement sur ce second aspect en réduisant la surface. Ainsi, une importante force est appliquée sur un petite surface, produisant de hautes pressions.

L'échantillon qu'on désire étudier est positionné dans un fourreau (ou joint) métallique pour assurer l'étanchéité du milieu et deux diamants font office d'enclumes en pressant l'échantillon.

Le diamant a plusieurs propriétés qui le rendent parfait pour ce genre d'utilisation :

C'est ainsi que des pressions allant jusqu'à 360 GPa (3, 6 millions de fois la pression atmosphérique) et des températures de 5 000 kelvins (plus de 4 700 °C) peuvent être atteintes [4].

Les diamants

Le joint

Le joint est réalisé en inox, en bronze au béryllium ou en rhénium pour les particulièrement hautes pressions[5].

On part d'une pièce d'épaisseur 100 à 250 microns qu'on vient en premier lieu indenter entre les deux diamants, réduisant ainsi son épaisseur entre 30 et 80 microns. Un trou (la chambre de pression) est ensuite percé dans le joint avec une microperceuse ou par électroérosion. Le diamètre du trou est bien entendu plus petit que la partie indentée du joint. Généralement, les trous les plus petits sont les plus stables.

Le milieu transmetteur

Afin d'assurer des conditions de pression aussi hydrostatique que envisageable, il est indispensable de baigner l'échantillon dans un milieu transmetteur de pression. Un milieu transmetteur parfait doit rester liquide et ne pas interférer avec les mesures qui seront réalisées, et ce dans toute la gamme de pression et de température explorée.

Les meilleurs milieux transmetteurs sont les gaz nobles[6]. Ils doivent être introduits à l'état liquide dans la chambre de pression. Pour l'argon et le krypton, on peut procéder simplement à pression ambiante par condensation avec azote liquide. Par contre, un chargement en hélium ou néon doit être fait sous une pression de 100 à 200 MPa avec un compresseur. Tous ces gaz se solidifient à des pressions assez basses, mais forment des solides particulièrement mous qui permettent d'obtenir une bonne hydrostaticité.

Un autre milieu transmetteur particulièrement courant est un mélange éthanol-méthanol dans un rapport 1 :4. Ce dernier, liquide à température ambiante, se solidifie vers 10 GPa et peut causer d'importants gradients de pression dans la chambre. Il reste néanmoins fréquemment utilisé pour des mesures à basses pressions. Certains milieux transmetteurs solides (CsI, KBr) sont quelquefois utilisés aussi.

La presse

Instrumentation et mesures associées

Mesure de la pression

La mesure de la pression exercée sur l'échantillon fut longtemps un problème majeur qui freina l'utilisation des enclumes de diamants. L'étalonnage de l'évolution d'une raie de fluorescence du rubis selon la pression à la fin des années 1970 permit de lever cet obstacle et contribua à l'essor de cette technique.

Aujourd'hui, la mesure de la pression exercée dans la chambre est réalisée de deux manières :

Les bons étalons pour ce type de mesure sont des cristaux ou des poudres qui restent stables dans le domaine de pressions et de températures reconnues.

Méthodes de chauffage

Le chauffage de la cellule est réalisé par des fours résistifs pour les températures allant jusqu'à 1 500 kelvins (un peu plus de 1 200 °C) ou 2 000 kelvins (un peu plus de 1 700 °C) selon les montages. Avec cette technique, la température est mesurée par un thermocouple [4].

On ne peut pas utiliser cette technique au-delà, car le diamant se transforme alors en graphite. Pour des températures supérieures, on se sert des propriétés optiques du diamant qui le rendent transparent à une grande partie du spectre électromagnétique. C'est ainsi que le faisceau d'un laser infrarouge de puissance est dirigé vers l'échantillon et traverse le diamant sans trop le chauffer. Ainsi, des températures allant jusqu'à 4 000 kelvins (3 700 °C) peuvent-être atteintes. Dans ce cas, la mesure de la température est réalisée par l'étude de la lumière émise par l'échantillon [4].

Méthodes d'analyse de l'échantillon

Notes et référence

  1. ou 1971 selon l'article High Pressure X-Ray Crystallography With the Diamond Cell at NIST/NBS de Gasper J. Piermarini
  2. (fr) Gasper Piermarini et Stanley Block, «The Diamond Anvil Pressure Cell», National Institute of Standards and Technology. Consulté le 29 octobre 2007
  3. (en) Gasper J. Piermarini, «High Pressure X-Ray Crystallography With the Diamond Cell at NIST/NBS», dans Journal of Research of the National Institute of Standards and Technology, vol.  106, no 6, Novembre-décembre 2001 texte intégral (page consultée le 29 octobre 2007)  ] 
  4. Gillet, 2004
  5. Besson 2005, p.  97
  6. Besson 2005, p.  99

Bibliographie

Liens externes

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 11/11/2010.
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