Couleur

La couleur est la perception subjective qu'a l'œil d'une ou plusieurs fréquences d'ondes lumineuses, avec une amplitude donnée.


Catégories :

Couleur - Colorimétrie - Mesure physique - Métrologie

Définitions :

  • Caractéristique physique de la lumière visible définie par sa longueur d'onde et comprise entre l'infrarouge et l'ultraviolet; Caractéristique physique de la matière qui dépend de la longueur d'onde de lumière emise ou réfléchie par celle-ci; Ce qui n'est pas blanc; Ce qui n'est pas métallique... (source : fr.wiktionary)
  • Sensation psychophysiologique produite par la lumière reçue par l'œil. Les trois paramètres de la couleur sont la teinte, la saturation, la luminosité. A chaque teinte correspond une longueur d'onde du spectre visible. En optique (photographie, vidéo, numérique, etc.... (source : aevll)
  • la couleur peut être décrite selon trois caractéristiques : le ton, soit la couleur elle-même; la valeur, soit la qualité plus ou moins foncée de la couleur; et l'intensité, son degré de luminosité.... (source : virtualmuseum)
Quartier de la Boca, Buenos Aires, Argentine

La couleur est la perception subjective qu'a l'œil d'une ou plusieurs fréquences d'ondes lumineuses, avec une (ou des ) amplitude (s) donnée (s).

On peut distinguer :

Vision des couleurs

Le spectre lumineux

Le spectre lumineux

La lumière visible est la partie du spectre électromagnétique qui est visible pour l'œil humain. Il n'y a pas de limite exacte au spectre visible : l'œil humain adapté à la lumière possède le plus souvent une sensibilité maximale à la lumière de longueur d'onde d'environ 550 nm, ce qui correspond à une couleur jaune-verte. Le plus souvent, on considère que la réponse de l'œil couvre les longueurs d'ondes de 380 nm à 780 nm quoiqu'une gamme de 400 nm à 700 nm soit plus commune. Cette gamme de longueur d'onde est importante pour le monde vivant car des longueurs d'ondes plus courtes que 380 nm endommageraient la structure des molécules organiques alors que celles plus longues que 720 nm seraient absorbées par l'eau, constituant abondant du vivant[1].

couleur Longueur d'onde dans le vide (nm) Fréquence (THz) Énergie de photon (eV)
Infrarouge   > 780 < 405 < 1.6
rouge   ∼ 625-740 ∼ 480-405 ∼ 1.6 - 2.0
orange   ∼ 590-625 ∼ 510-480 ∼ 2.0 - 2.1
jaune   ∼ 565-590 ∼ 530-510 ∼ 2.1 - 2.2
vert   ∼ 520-565 ∼ 580-530 ∼ 2.2 - 2.4
bleu   ∼ 446-520 ∼ 690-580 ∼ 2.4 - 2.8
violet   ∼ 380-446 ∼ 790-690 ∼ 2.8 - 3.2
ultraviolet   < 380 > 790 > 3.3

L'œil humain

Zone de sensibilité des trois cônes selon la longueur d'onde

L'œil est sensible aux radiations électromagnétiques dont la longueur d'onde dans le vide est comprise entre 400 et 700 nm. La synthèse additive de la couleur à partir du rouge, du vert et du bleu, est due au fait que ce sont les 3 couleurs auxquelles sont le mieux adaptés les 3 types de cônes qui servent à la réception de la couleur dans l'œil humain :

Ces récepteurs sont en fait sensibles à une bande de longueur d'onde correspondant approximativement, conjointement à cet intervalle de 436 nm à 700 nm et , individuellement, à ces valeurs (L, M et C).

Les bâtonnets appartiennent au second type de cellules sensibles de l'œil humain, spécialisés dans la vision de l'intensité de la lumière; ils ne sont actifs que dans la pénombre (saturés à partir de 500 photons par seconde). Les cônes ne commencent à s'activer qu'à partir de 10 photons par seconde, ce qui explique pourquoi on voit en noir et blanc lorsque la lumière est faible[2].

Les problèmes de vision des couleurs, ou dyschromatopsies, sont fréquemment regroupés sous le terme de daltonisme. L'absence totale de vision des couleurs est nommée achromatopsie.

Vision et âges

Les bébés ont une vision précoce et latéralisée de la couleur, contrôlée par l'œil gauche dans la prime enfance, puis chez l'enfant plus grand et chez l'adulte, par l'œil droit[3], c'est-à-dire dans l'hémisphère gauche du cerveau, où est aussi localisée l'aire du langage. Les scientifiques ont aussi montré que l'acuité de vision des couleurs est augmentée dans les groupes ethniques disposant d'une langue riche en mots décrivant les nuances colorées. De même les nuances sont détectées plus rapidement lorsque les mots pour les décrire existent dans la langue (nuances de bleu, clair ou foncé PNiS, 2006)

Vision et interprétation

L'Échiquier d'Adelson : La teinte grise du carré A est la même que celle du carré B.
L'Échiquier d'Adelson : La teinte grise du carré A est la même que celle du carré B.


Le cerveau interprète les informations transmises par l'œil pour former un tableau cohérent. C'est ce qui lui permet par exemple d'anticiper que deux parties d'un même objet, l'une à l'ombre et l'autre à la lumière, sont de la même couleur.

Température des couleurs

Si nous séparons en deux moitiés le cercle chromatique entre vert-jaune et rouge-violet, nous voyons s'opposer, d'un côté, les couleurs chaudes (du jaune au rouge), de l'autre, les couleurs froides (du violet au vert). Les couleurs qui expriment le mieux les sensations de chaud et de froid sont respectivement le rouge et le bleu. Quoiqu'un vert soit reconnu comme froid avec le violet, la température se réchauffe si on ajoute du jaune au vert ou du rouge au violet. À l'inverse, bien que chaud, le rouge vire, progressivement, au froid pour rejoindre le violet lorsque on lui ajoute du bleu.

On constate que, pour le physicien ou le photographe, la température de couleur est plus élevée pour un bleu que pour un rouge.

Bizarrerie

L'un des 500 brevets déposés par Edwin H. Land, créateur de la photographie instantanée Polaroïd concerne un procédé simplifié de restitution de tout le spectre[4], [5] à partir d'uniquement deux couleurs de base, ce qui va à l'encontre des connaissances modernes sur le mécanisme de la vision. Ce brevet, à la différence largement d'autres inventions de Land, n'a débouché en pratique sur aucune réalisation.

Couleur et lumière

Il existe 2 sources de lumière :

Un objet éclairé peut modifier la lumière reçue par plusieurs moyens.

Absorption

De nombreuses substances absorbent certaines longueurs d'ondes ; par exemple la couleur des carottes est due au carotène, une molécule qui absorbe les longueurs d'ondes entre le violet et le vert. L'énergie absorbée est le plus souvent restituée sous forme de chaleur (de rayonnement infrarouge invisible à l'œil), ce qui explique par exemple qu'un objet noir sera plus chaud au soleil qu'un objet blanc. Il existe aussi des objets qui sont capables de réémettre le rayonnement absorbé dans le spectre visible (par exemple le rubis). Ce mécanisme de réémission explique aussi les couleurs fluo : ces pigments absorbent le rayonnement ultraviolet et le réémettent sous forme de lumière visible, donnant une couleur qui semble plus lumineuse que la couleur pure associée.

Diffusion

La diffusion provoque à la fois le bleu du ciel et le blanc des nuages

La diffusion est le phénomène par lequel un rayonnement, comme la lumière est dévié dans de multiples directions par une interaction avec d'autres objets.

La diffusion Rayleigh intervient lorsque la taille des particule est petite, inférieure à quelques dizaines de nanomètres. L'intensité diffusée est inversement proportionnel à la puissance quatrième de la longueur d'onde : le bleu (400 nm) est plus diffusé que le rouge (700nm). L'effet des molécules de dioxygène et diazote de l'atmosphère terrestre provoque ainsi la couleur du ciel et des couchers de soleil.

Lorsque les particules sont plus grandes elles provoquent une diffusion de Mie qui touche de manière uniforme l'ensemble des fréquences lumineuses. C'est ainsi que les gouttelettes d'eau provoquent la couleur blanc-gris des nuages ou du brouillard[6].

Réfraction

Ce mécanisme décompose une lumière blanche dans ses différentes composantes pour former par exemple les arc-en-ciel qu'on voit dans la nature ou à travers un prisme. La réfraction est un phénomène de déviation d'une onde quand sa vitesse change entre deux milieux. Le plus souvent l'indice de réfraction augmente lorsque la longueur d'onde diminue, les violets sont par conséquent plus déviés que les rouges.

Interférences

Les irisations d'une bulle de savon ou d'un film d'huile à la surface d'une flaque, ou encore les couleurs à la surface d'un disque compact provient d'un phénomène d'interférence.

Mesure des couleurs

IT8.7/1 Target de l'entreprise LaserSoft Imaging

Il importe de ne jamais confondre couleur, notion perceptive, et longueur d'onde, notion physique. L'arc-en-ciel étant le spectre des longueurs d'ondes monochromatiques, ne comporte qu'un faible sous-ensemble des couleurs visibles par l'œil humain (mais a contrario contient des longueurs d'ondes invisibles à l'œil humain). Le rose, par exemple, n'y figure pas : c'est un panachage que ne peut restituer aucune longueur d'onde monochromatique. Le rose est en effet constitué par l'accumulation de plusieurs ondes monochromatiques.

Comme on l'a vu l'œil humain comporte trois récepteurs de la couleur, respectivement sensibles au rouge, au vert et au bleu. Une couleur peut par conséquent être définie par trois composantes. On peut utiliser le taux de rouge, de vert et de bleu, ce qui correspond au dispositif Rouge vert bleu (RVB) (ou en anglais Red Green Blue (RGB) ). Il est utilisé par exemple en informatique mais reste éloigné de notre vision naturelle des couleurs.

La totalité des couleurs est défini, aujourd'hui, fréquemment par ses trois caractéristiques de teinte, valeur et saturation. Le dispositif CIE Lab a tendance à le remplacer dans les dispositifs colorimétriques avancés. Sur le cercle chromatique, on trouve : des couleurs complémentaires, des tons chauds et froids, des couleurs dites secondaires, des couleurs primaires, et des valeurs (blanc et noir).

La différence entre deux couleurs pour l'œil humain, peut fluctuer d'un individu à l'autre, et quelquefois même particulièrement un peu entre les deux yeux d'une même personne (on peut alors s'en rendre compte par clignement). Une différence, qui ne paraît pas évidente pour la majorité des gens pourra paraître nulle pour quelqu'un atteint de daltonisme ou au contraire énorme pour quelqu'un qui est habitué à composer des couleurs l'ensemble des jours, comme un peintre ou un imprimeur. À titre indicatif, les tapissiers distinguent cinq cents nuances de rouge. [réf.  nécessaire]

En synthèse soustractive, des couleurs paraissant semblables à deux personnes sous un blanc d'une température donnée (par exemple lumière du jour) pourront leur paraître différentes sous un blanc d'une autre température. Pour cette raison, le dispositif qu'on espérait universel du cube de Hicketier, et qui aurait associé à chaque couleur un numéro unique, n'a pas eu de suite.

Cela pose par conséquent des problèmes de référence, qui servirait à vérifier une certaine équivalence, entre deux couleurs différenciées par leur support et médium. La colorimétrie tente par conséquent de résoudre ces différents problèmes. On trouve surtout dans le dispositif CIE L*a*b* la notion de Delta E la différence entre deux couleurs (Lab 1 et Lab 2).

Le fait qu'on peut mesurer les valeurs d'une couleur et les donner en chiffres sert à recevoir des couleurs fidèles pendant une numérisation ou la retouche digitale. Il y a des logiciels qui sont spécialisés à transformer ces valeurs avec un target IT8 en un profil spécifique - un Profil ICC. Ces profils sont utilisés par des logiciel pour la gestion de couleurs et permettent une visualisation et reproduction fidèle. L'association EDP décerne un prix pour le meilleur logiciel dans le domaine de gestion de couleurs chaque année. 2007 i1iSis de X-Rite a reçu le prix ; 2008 c'était SilverFast de LaserSoft Imaging.

Teinte

spectre

On appelle «teinte» l'ou les fréquences génèrant l'impression chromatique. En situation non expérimentale, plusieurs fréquences cœxistent toujours, mais elles ont pour résultante une dominante chromatique.

Le spectre lumineux se décompose en un dégradé de couleurs allant du violet au rouge. Ainsi, l'œil humain est le plus fréquemment incapable de distinguer un jaune monochromatique (une seule longueur d'onde) d'une composition correspondante de vert et de rouge. Cette illusion permet d'afficher du jaune sur nos écrans d'ordinateur tandis que ceux-ci ne contiennent que des diodes rouges, vertes et bleue. De même une lumière blanche dont on aurait atténué certaine ondes dans les violets et les bleus paraîtra jaune.

La totalité des fréquences des ondes lumineuses forme le spectre des teintes (fréquemment nommé spectre des couleurs) allant des infrarouges aux ultraviolets.

Lorsque on mélange les deux extrémités du spectre (le violet et le rouge) on n'obtient pas la couleur à mi distance (le vert) mais une nouvelle couleur (le magenta). On ajoute ces diverses combinaisons de violet et de rouge au spectre pour obtenir la totalité des teintes.

Couleurs métamères, une fonction de l'œil

Comment peut-on concilier les deux phénomènes exposés plus haut ? D'un côté, l'étude de la décomposition de la lumière nous apprend que les couleurs pures sont monochromatiques, que le vert a sa longueur d'onde caractéristique, le bleu a une autre longueur d'onde caractéristique, et le jaune, une autre toujours. D'un autre côté, le mélange additif de deux couleurs telles que le vert et le rouge en produit une troisième, le jaune. Est-ce que les longueurs d'onde sont modifiées ? Non, absolument pas.

Pour expliquer la sensation produite par le mélange, il faut faire appel à la physiologie de l'œil. Les cellules sensibles de la rétine, les cônes, transforment tout rayonnement de lumière visible en trois impulsions nerveuses de valeurs variables qui sont acheminées vers le cerveau. Même une lumière monochromatique comme le vert est de cette façon codée par ces 3 valeurs.

Or il se trouve que la rétine est incapable de faire la différence entre la lumière monochromatique jaune et la somme des deux lumières verte et rouge, car ses cônes sont excités de la même façon, et envoient les 3 mêmes impulsions nerveuses dans les deux cas [7].

C'est à dire, physiquement les deux lumières sont différentes, car leur composition spectrale est différente. Par contre, l'impression pour l'œil est la même.

Des ensembles lumineux de composition spectrale différente qui produisent la même impression colorée sur l'œil sont nommés couleurs métamères.

Valeur

On appelle «valeur» l'amplitude lumineuse définissant la couleur ; plus elle est proche du noir, plus la valeur est basse. Il n'y a que deux valeurs. Le blanc et le noir. Les gris, qui sont des teintes du blanc et du noir, sont cependant des couleurs, et non des valeurs.

Les «gris» sont des valeurs spécifiques sur l'axe noir-blanc. Il s'agit toujours d'un mélange (en synthèse additive) d'égale proportion et avec la même valeur des trois couleurs primaires rouge, vert et bleu. En synthèse soustractive les trois couleurs sont le cyan, le jaune et le magenta. Pour obtenir un gris, les valeurs de cyan, magenta et jaune ne sont pas en égale proportion.

Chacun des gris peut être reconnu comme une couleur dépourvue de teinte ; le noir et le blanc sont des gris extrêmes. Le noir est un gris de valeur nulle et correspond à l'absence de toute lumière (aucune lumière n'est reçue par l'œil). Le blanc est un gris de valeur maximale et peut être reconnu comme une plénitude de couleurs (la totalité des fréquences d'onde lumineuse est reçu par l'œil avec une valeur maximale). Notons qu'en toute rigueur, il n'existe pas un blanc, mais une illimitété de blancs, dont chacun se définit par sa température de couleur : en photographie-couleurs et en vidéo, on distingue fréquemment le blanc à à peu près 2 800 K (kelvins) d'une lampe à incandescence classique, le 3 200 K d'une lampe photoflood au tungstène, le 5 200 K d'une lampe à arc et le 6 500 K d'un flash électronique ou du Soleil.

Saturation

On appelle «saturation» la vivacité (la pureté) d'une couleur, et par opposition, on nomme désaturation, son mélange, plus ou moindre, avec un gris de même valeur.

Restitution des couleurs

Compte-fils

Le seul procédé connu de restitution intégrale des couleurs, c'est-à-dire fixant le panachage réel des longueurs d'onde de départ et non sa simple projection sur un nombre limité d'axes de teinte, est la photographie interférentielle de Lippmann (1891), onéreux et de mise en œuvre aussi contraignante que l'holographie, car fonctionnant lui aussi sur le principe des interférences. Les procédés polychromes (trichromes, quadrichromes, hexachromes…) lui sont par conséquent préférés.

Le calcul soustractif des couleurs (ou synthèse soustractive) est le calcul fait par retrait de certaines longueurs d'onde de la lumière, et par conséquent sur ce qui n'est pas source de lumière.

A titre d'exemple, l'herbe ou les feuilles des arbres nous paraissent vertes, car elles absorbent le bleu et le rouge. Ce sont ces ondes qu'elles utilisent dans la photosynthèse.

Le calcul additif des couleurs (ou synthèse additive) est le calcul fait par addition des longueurs d'onde de sources lumineuses.

A titre d'exemple, Si les deux composantes verte et rouge d'un moniteur d'ordinateur sont allumées, les couleurs des phosphores associés (superposés) se superposent à cause de la mauvaise résolution de l'œil, et on obtient une couleur jaune, qui se résout à nouveau en vert et rouge si on regarde cette zone de l'écran à travers un compte-fils ou par réflexion sur un cédérom. Il est facile d'expérimenter cela avec les réglages des couleurs du bureau de votre ordinateur (s'il n'est pas monochrome). La synthèse du marron demande sensiblement plus d'essais (conseil : expérimentez en partant du violet, aussi contre-intuitif que cela paraisse).

Synthèse additive

Article détaillé : synthèse additive.
Mélange de couleur par addition

Le principe de la synthèse additive des couleurs consiste à s'efforcer de reconstituer, pour un œil humain, l'équivalent (l'apparence) de toute couleur visible, par l'addition, selon des proportions bien choisies, de lumières provenant de trois sources monochromatiques (par exemple des spots) dont les longueurs d'onde sont choisies une fois pour toutes pour répondre au mieux à cet objectif.

En observant l'arc-en-ciel, on peut voir que les gouttelettes de pluie, dans le lointain, décomposent la lumière en six couleurs, comme le feraient des prismes.

Newton reproduisit ce phénomène en décomposant la lumière solaire grâce à un prisme optique (un prisme droit en verre à base triangulaire). Il réussit à décomposer la lumière blanche en l'ensemble des différentes couleurs du spectre.

Le physicien Young fit le contraire de Newton. Il recomposa la lumière. Il fit converger les six couleurs du spectre et obtint la lumière blanche. Il alla même plus loin en démontrant que les six couleurs du spectre pouvaient être réduites à trois. C'est-à-dire qu'il pouvait recomposer la lumière blanche avec ces trois couleurs. Il démontra aussi qu'en les mélangeant deux par deux, il pouvait obtenir les autres.

Et c'est ainsi qu'on différencia les couleurs primaires des secondaires.

Ce dispositif de mélange de lumières veut dire que plus on ajoute de couleurs plus on obtient de clarté. A titre d'exemple, le vert et le rouge donnent le jaune indéniablement plus clair. On parle dans ce cas de dispositif additif.

Les trois longueurs d'onde optimales, qu'on nomme couleurs primaires répondent à deux critères :

Les trois couleurs primaires sont : rouge primaire ; vert primaire ; bleu primaire.

Il existe bien d'autres dispositifs liés au RVB qui sont issus des travaux de la Commission internationale de l'éclairage. Le dispositif de base est le CIE XYZ, d'où on déduit le CIE xyY qui sépare la luminance et la chrominance. Ce dernier a donné naissance à de nombreux dispositifs pratiques dont le plus utilisé est probablement le CIE Lab qui comporte le jaune en plus du rouge, du vert et du bleu.

Le dispositif RVB peut aussi, de façon équivalente, être exprimé selon trois autres composantes qui sont la teinte, la valeur et la saturation et correspondent en français au dispositif TSL (Teinte, Saturation et Luminosité ou valeur) et en anglais au dispositif HSL (d'après les trois mots anglais Hue, Saturation et Lightness).

Il existe des formules mathématiques servant à passer des trois composantes RVB aux trois composantes TSL (et vice versa).

On appelle lumières de couleurs principales (quelquefois nommées couleurs secondaires) les lumières de couleurs saturées obtenues en mélangeant deux à deux et en parts identiques les lumières de couleurs primaires.

Les couleurs complémentaires sont les couleurs qui, combinées, contiennent l'ensemble des couleurs du spectre et aucune en commun.

Les trois couleurs secondaires dans le dispositif additif sont :

qui sont en fait les couleurs primaires du dispositif soustractif et donnent le dispositif CMJ (en anglais CMY ou YMC).

Quand on mélange plus de deux primaires, on désature la couleur. Elle perd par conséquent en saturation et gagne en valeur, pour se rapprocher du blanc.

Synthèse soustractive

Article détaillé : Synthèse soustractive.
Mélange de couleur par soustraction

En imprimerie-couleurs, en peinture et dans l'art du vitrail, il ne peut être question d'additionner des couleurs par mélange de lumière, mais plutôt de couleurs pigments.

Tous les corps opaques, lorsqu'il s sont éclairés, réfléchissent une partie ou toute la lumière qu'ils reçoivent et absorbent le reste. On peut par conséquent obtenir les couleurs du spectre soit en mélangeant des pigments soit en filtrant une partie du spectre qui éclaire l'objet.

Les pigments qui se mélangent absorbent de plus en plus de lumière et deviennent de plus en plus sombres. Par exemple le jaune et le magenta donnent le rouge-orangé.

On parle dans ce cas de synthèse soustractive. Et dans ce cas les couleurs primaires, nommées aussi couleurs principales associées pour les différencier des couleurs primaires du dispositif additif car elles correspondent aux couleurs secondaires nommées aussi couleurs complémentaires du dispositif additif. Contrairement au dispositif additif où on utilise les 3 couleurs primaires, les couleurs principales filtrent (bloquent) une seule couleur.

donne le dispositif CMJ (en anglais CMY ou YMC).

En théorie, et si nous disposions de pigments parfaits, l'utilisation des trois principales permettrait d'obtenir :

Dans la pratique, la synthèse soustractive à partir des colorants courants ne permet pas d'obtenir la totalité des couleurs visibles par l'œil humain. Qui plus est , même des colorants parfaits continueraient à poser problème car ils s'additionnent fréquemment en une réaction chimique qui altère la couleur finale.

En effet, quand on mélange deux matériaux colorés, on en obtient bien la teinte désirée, mais celle-ci perd en vivacité, et l'ajout de blanc pour compenser cette perte n'est pas satisfaisant car le blanc désature la teinte et ne permet par conséquent pas d'obtenir la valeur recherchée. C'est pour cette raison que plusieurs imprimantes à jet d'encre ajoutent deux teintes pastel aux trois principales afin d'obtenir un meilleur rendu. L'ajout de ces teintes pastel (variant de 2 à 5 teintes) permet aussi de diminuer la vision des points d'encre (ou de trame) dans les zones claires.

Enfin, un noir obtenu par le mélange des trois principales serait de densité supérieure, permettrait d'obtenir plus de détails, mais c'est à la fois coûteux (mélange de trois encres chères) et de qualité douteuse si la proportion de mélange des encres (pour obtenir la neutralité, c'est-à-dire un gris composé de CMJ) est incorrecte (car la superposition n'en est jamais idéale, ni l'opacité. Qui plus est , des valeurs identiques de cyan, magenta et de jaune ne donnent pas de noir. La couleur noire est ajoutée pour compenser la neutralité du mélange CMJ. ). En imprimerie, on utilise par conséquent toujours au moins le noir comme quatrième couleur, ce qui correspond à la quadrichromie, utilisée pour tout ce qui s'imprime en couleur.

Ajoutons qu'en impression de grandes surfaces (affiches, par exemple), la technique des trames d'impression sert à contourner la question : en effet, si on examine une affiche de près, on se rend compte que les couleurs s'y juxtaposent énormément plus fréquemment qu'elles ne s'y superposent. On retrouve tandis quelque chose de très identique… à de la synthèse additive.

Couleur pigment

Article détaillé : Pigment.

Les pigments produisent des couleurs imparfaites. Il est par conséquent envisageable d'utiliser des couleurs de base différentes du cyan, magenta et jaune, qui en mélange, peuvent produire des couleurs secondaires sales et manquant de vivacité.

A titre d'exemple :

Nomenclature des pigments

Les tubes ou pots de peinture vendues dans le commerce comportent des informations relatives à leur composition (pigment (s) utiisé (s) ) ainsi qu'à leurs qualités : résistance à la lumière (par une série de + ou *), normée sur les années de résistance en lumière de musée, opacité/transparence (un carré plus ou moins plein). Les pigments, référencés selon le Colour Index International, sont codés par la lettre P suivie d'1 ou 2 lettres (la terminologie est anglaise car elle a été normalisée aux États-Unis et en Angleterre)  :

  • W=blanc (white)  ;
  • O=orange ;
  • R=rouge (red)  ;
  • Y=jaune (yellow)  ;
  • B=bleu (blue)  ;
  • G=vert (green)  ;
  • Bk=noir (black)  ;
  • Br=marron (brown)  :

Ces lettres sont suivies d'un numéro correspondant à son classement. A titre d'exemple, PO73 correspond au Pigment Orange n°73, soit une nuance de vermillon (rouge vermillon), proche du vermillon véritable (cinabre), différent du rouge primaire magenta (PR 122).

Cependant, les noms des couleurs artistiques ou de décoration sont libres, non normés et dépendent de traditions nationales, de procédés commerciaux ou de la volonté des fabricants. Un bleu azur, un bleu céruleum artificiel, bleu outremer clair peuvent être la même couleur suivant les marques.

Faiblesses des pigments

La symbolique des couleurs

Article détaillé : Symbolisme des couleurs.

Notes et références

  1. Neil Campbell, Jane Reece, Biologie, 7e édition, 2007, (ISBN 978-2-7440-7223-9) , p. 198.
  2. La vision p143, Robert W. Rodieck ISBN 978-2-7445-0095-4
  3. Anna Franklin, Université du Surrey (Royaume-Uni), citée par Science et Avenir (Avril 2008), p 29
  4. Edwin H. Land, «Color Vision and the Natural Image : Part I», Proceedings of the National Academy of Sciences, Vol. 45, No. 1, p. 115-129, janvier 1959. http ://www. ncbi. nlm. nih. gov/pmc/articles/PMC222521/
  5. Edwin H. Land, «Color Vision and the Natural Image : Part II», Proceedings of the National Academy of Sciences, Vol. 45, No. 4, p. 636-644, avril 1959. http ://www. ncbi. nlm. nih. gov/pmc/articles/PMC222609/
  6. La diffusion de la lumière
  7. La nature de la couleur

Voir aussi

Variétés de carottes (Daucus carota) choisies pour leurs diverses couleurs

Dans le domaine de l'astronomie des rayons X :

Divers :

  • Chromodynamique quantique, où, le mot couleur sert à désigner une propriété de particules élémentaires nommées quarks, qui peuvent être «rouges», «verts» ou «bleus». Attention, il s'agit là de simples noms arbitraires, mnémotechniques, sans rapport avec la notion physiologique de couleur).

Bibliographie

Liens externes

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