Décrochage scolaire

Le décrochage scolaire est l'arrêt d'études avant l'obtention d'un diplôme. Il n'est pas envisageable d'assimiler le «décrochage scolaire» à l'«échec scolaire», même si les thématiques sont proches.



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  • ... Le taux de décrochage scolaire a reculé de 50 % chez les jeunes Canadiens au... le taux de décrochage scolaire est de 22, 6 % chez les jeunes autochtones, ... que les taux de décrochage scolaire sont les plus élevés avec... (source : radio-canada)
  • ... Le décrochage scolaire est un phénomène complexe qui fait qu'un élève rompt progressivement avec l'École. Le phénomène génère des dégats... (source : eduscol.education)

Le décrochage scolaire est l'arrêt d'études avant l'obtention d'un diplôme. Il n'est pas envisageable d'assimiler le «décrochage scolaire» à l'«échec scolaire», même si les thématiques sont proches. L'expression «décrochage scolaire», assez à la mode dans le milieu éducatif français, provient en fait du ministère de l'éducation du Québec.

Introduction

Le ministère de l'Éducation du Québec étudie le décrochage scolaire dans le cursus menant au diplôme du secondaire. Est reconnu comme «décrocheur» tout élève qui était inscrit au début d'une année scolaire et qui ne l'est plus l'année suivante sans être titulaire d'un diplôme d'études secondaires. Les décès et les déménagements à l'étranger ne sont pas inclus. Un élève est dit «à risque de décrochage scolaire» quand il fréquente toujours l'école, mais qu'il présente une forte probabilité de décrochage.

La décision d'abandonner l'école est le résultat d'un cumul de situations complexes scolaires, relationnelles, sociales et/ou personnelles. Il s'agit par conséquent d'un long processus incluant des facteurs multidimensionnels.

Caractéristiques de l'élève dit à risque

Données individuelles

Parmi les variables d'ordre individuel, les difficultés d'apprentissage et les troubles du comportement forment des facteurs personnels les plus déterminants du décrochage scolaire. En effet, l'élève en trouble du comportement montre un déficit important dans sa capacité d'adaptation à l'école. Selon la majorité des études, les jeunes décrocheurs participent moins aux activités scolaires, portent peu d'attention en classe, passent moins de temps à faire leurs devoirs, ont des problèmes d'absentéisme et valorisent davantage le travail rémunéré que les études, comparés aux autres élèves.

La majorité des études montre que les garçons sont plus nombreux à décrocher de l'école. Les chiffres reflètent un taux d'accès aux diplômes plus bas chez les garçons qui tend à se maintenir de génération en génération. Les jeunes filles à risque de décrochage scolaire présentent davantage de troubles intériorisés, le plus habituel étant la dépression, alors que les garçons ont des troubles plus extériorisés tels que les troubles de comportement.

Données relationnelles

Les écrits relatent aussi que ces jeunes éprouvent d'importantes lacunes dans leurs habiletés sociales. Ainsi, leur manque d'habiletés sociales diminuerait leurs aptitudes à interagir correctement avec autrui. Leurs relations se résument essentiellement par de l'irritation, des échanges sociaux hostiles et par de l'intimidation.

Données sociales

Le milieu familial est fortement lié à la réussite scolaire ainsi qu'à l'adaptation des jeunes. Un faible statut socioéconomique, un faible niveau de scolarité des parents et plusieurs aspects de la structure familiale (conflit, alcoolisme, violence, …) sont des caractéristiques fortement liées à l'abandon scolaire. Le rôle déterminant des parents relatif au risque d'abandon scolaire est bien documenté dans les écrits. En effet, les valeurs des parents, la supervision parentale mais aussi les attentes des parents envers la réussite scolaire représentent des éléments impliqués dans le phénomène. Le mode de vie des parents est aussi une dimension du fonctionnement familial qui doit être reconnue lorsque on parle de décrochage scolaire. Les résultats de nombreux travaux permettent d'affirmer qu'un faible encadrement parental, un manque d'engagement dans les activités scolaires et l'absence d'encouragement à l'autonomie ont une influence directe sur le risque que l'enfant quitte l'école définitivement.

Inadaptation ou facteurs de risque ?

En constatant l'existence de ces facteurs de décrochage scolaire, il importe de savoir si ce phénomène résulte d'un facteur spécifique ou s'il est plutôt un symptôme général d'inadaptation sociale.

Notion de groupes types

Les élèves à risque de décrochage forment un groupe hétérogène. A titre d'exemple, une étude de Janosz et al. (2000) identifie quatre groupes de décrocheurs potentiels :

  1. Décrocheurs discrets : ils aiment l'école, sont engagés, ne présentent aucun problèmes comportementaux et ils ont un rendement scolaire légèrement faible. (40 %)
  2. Décrocheurs inadaptés : ils ont des échecs scolaires, des problèmes comportementaux, sont délinquants et proviennent de familles complexes. (40 %)
  3. Décrocheurs désengagés : ils ne présentent pas de problèmes de comportement et ont des notes dans la moyenne, mais sont particulièrement désengagés face à leur scolarisation. (10 %)
  4. Décrocheurs sous-performants : ils sont en situation d'échec scolaire et sont désengagés face à leur scolarisation. Ils présentent des troubles d'apprentissage, mais aucun trouble de comportement. (10 %)

Prévenir le décrochage…

En milieu scolaire, voici quelques indicateurs facilitant le repérage des élèves "décrocheurs" en lien avec les compétences sociales et/ou les apprentissages :

Compétences sociales

Apprentissages

Au sein de la famille, il existe des actions simples servant à limiter les risques de décrochage scolaire. L'éducation familiale doit permettre :

De plus les parents doivent :

Une pédagogie du projet pour limiter le décrochage

La plupart des études portant sur les systèmes pédagogiques et leurs effets s'entendent pour affirmer qu'il n'existe malheureusement pas de solutions simples pour enrailler le phénomène d'abandon scolaire ni de systèmes pédagogiques complètement efficaces. L'école doit entreprendre différents moyens pour motiver le jeune à poursuivre son processus d'apprentissage.

Habileté sociale

Adopter une approche multidimensionnelle représente un élément à considérer dans la création des programmes d'intervention. Les systèmes pédagogiques doivent tenir compte d'une combinaison de facteurs de risque puisque le décrochage scolaire, tel qu'énoncé légèrement plus haut, regroupe une panoplie de variables personnelles, sociales et environnementales. Pour s'avérer efficace et agir sur les difficultés d'apprentissage et les troubles du comportement du jeune à risque de décrochage scolaire, l'intervention doit porter sur les problèmes scolaires mais également sur les habiletés sociales. Plusieurs résultats d'étude révèlent que l'apprentissage des habiletés sociales, en particulier les compétences d'affirmation de soi et de contrôle de soi, représentent un élément fort des programmes d'intervention. L'acquisition de ces habiletés permettrait à l'élève de développer des relations saines avec autrui et des interactions socialement acceptables.

Approche globale

L'implication et la participation des personnes faisant partie de la vie du jeune amènent des effets positifs au programme d'intervention. Les programmes indiquent de meilleurs résultats lorsque les principales cibles de l'intervention sont les élèves, les enseignants et les parents.

L'élève

En ce qui concerne l'élève, l'intervention doit lui permettre de se sentir engagé dans la planification du projet afin d'augmenter sa motivation et de le responsabiliser. Les principaux objectifs des systèmes pédagogiques visent la réussite scolaire, le développement des comportements adaptatifs et l'acquisition des aptitudes de travail. Ces objectifs doivent être accompagnés de règles de discipline clairement définies et bien comprises par tous. Ces règles sont importantes dans la mesure où elles permettent d'éclaircir le rôle de chacun, leurs droits et les attentes envisagées envers eux.

Des services spécialisés doivent être disponibles pour répondre le plus correctement envisageable aux difficultés cognitives et psychoaffectives éprouvées par les élèves.

L'élève a la responsabilité et le devoir de contribuer au bon fonctionnement de la classe, de l'école et du projet en question. La mise en place du conseil d'élèves et du conseil de coopération donne au jeune la chance de s'exprimer et d'échanger sur son vécu scolaire tout en développant des habiletés sociales.

Les parents

Pour ce qui est des parents, plusieurs chercheurs soulignent l'importance de l'engagement parental dans la vie scolaire du jeune. L'implication du parent dans le programme d'intervention est irréfutable dans la mesure où elle facilite l'intégration des apprentissages dans le milieu familial. De cette manière, le parent s'informe sur le vécu scolaire de son enfant et se responsabilise comparé à l'intervention sous tous ces aspects (les soins à donner, la supervision …).

Les représentations des parents au regard de l'école exercent une influence sur celles de leurs enfants.

Le corps enseignant

L'enseignant forme aussi un élément à considérer dans l'intervention. Une formation est indispensable pour mieux gérer cette catégorie d'élèves et de permettre aux enseignants d'avoir des attitudes positives.

L'enseignant doit participer à la planification du programme. Pour être efficace, un programme peut contenir un enseignement modulaire personnalisé des matières scolaires et un stage dans un domaine qui intéresse le jeune. Un suivi dans l'acquisition des connaissances de l'élève peut se faire par une rencontre individuelle avec l'enseignant. Ce moment de rencontre permettrait d'évaluer les projets de l'élève et l'atteinte des objectifs, de faire des résolutions de problèmes face aux difficultés rencontrées par le jeune et de développer une relation positive et privilégiée entre l'enseignant et l'élève.

Durée

Plusieurs auteurs estiment que les programmes d'intervention doivent proposer un continuum de services aux élèves fortement à risque de décrocher l'école qui s'échelonnent sur une longue période de temps. Selon eux, les programmes doivent être continus pour permettre aux jeunes d'avancer à leur rythme et , par le fait même, d'intégrer des connaissances scolaires de base et des compétences sociales principales pour faciliter la transition vers l'emploi.

Évaluation

Pour évaluer les effets d'un programme d'intervention auprès des jeunes à risque de décrochage scolaire, il est essentiel de ne pas uniquement considérer les notes scolaires. La performance scolaire de cette catégorie d'élèves ne permet pas d'évaluer l'effet réel du programme en question. L'évaluation doit aussi porter sur les aspects d'ordre comportemental, motivationnel et social afin d'avoir une meilleure idée des effets bénéfiques, sur le jeune, du programme.

Statistiques

Au Québec

Sur la totalité des écoles publiques de l'île de Montréal, 40 % des garçons et 28, 4 % des filles quittent l'école sans diplôme, 7 ans après leur entrée au secondaire. Taux de décrochage inquiétant à Montréal, radio-canada. ca, 22 octobre 2005

Dans près de la moitié des écoles secondaires de Montréal, plus d'un élève sur trois n'a pas terminé ses études secondaires à la fin de l'année scolaire 2006-2007. [1]

Dans les quartiers les plus défavorisés (comme Saint-Michel (Montréal) , Montréal-Nord, Hochelaga-Maisonneuve, Petite-Bourgogne et Saint-Laurent-Ouest, le taux de sortie du secondaire sans diplôme s'élèvent à 60 % pour les garçons et 50 % pour les filles.

La proportion de décrocheurs atteint près de 85% à l'école secondaire Pierre-Dupuy (arrondissement de Ville-Marie, Montréal). Dans cinq des sept écoles secondaires de Longueuil, plus du quart des élèves ont quitté l'école sans diplôme en 2007. [2]

Le gouvernement du Québec s'est fixé l'objectif de voir 80 % des jeunes Québécois obtenir leur diplôme d'études secondaires d'ici 2010.

Voir DEMS : Évaluation du risque de décrochage en milieu scolaire

Références

  1. Nos jeunes décrochent, canœ. com, 26 mai 2007
  2. Décrochage :Palmarès des écoles secondaires publiques, canœ. com, 26 mai 2007

Voir aussi

Liens externes

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 10/11/2010.
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