Indice forêt météo

L'indice forêt météo est une estimation du risque d'occurrence d'un feu de forêt calculé par plusieurs services météorologiques nationaux dont Météo France et le Service météorologique du Canada.


Catégories :

Données et variables météorologiques - Lutte contre l'incendie - Échelle - Métrologie - Forêt - Météorologie forestière

Définitions :

  • L'indice forêt-météo (IFM) est un des éléments d'une méthode utilisée par les météorologues canadiens pour estimer les risques d'incendies dans les régions forestières.... (source : ecosys.cfl.scf.rncan.gc)
  • Cote numérique de l'intensité des incendies utilisée comme indice général de danger d'incendie de forêt et calculée avec l'indice de propagation d'origine et de l'indice du combustible disponible. (source : sopfeu.qc)

L'indice forêt météo (IFM) est une estimation du risque d'occurrence d'un feu de forêt calculé par plusieurs services météorologiques nationaux dont Météo France et le Service météorologique du Canada. Il se base sur un modèle empirique canadien développé et utilisé au Canada dès 1976[1]. Cet indice fait partie des services de la météorologie forestière.

Cet indice décrit un niveau de risque pour une région ou sous-région donnée, selon le contexte météorologique Mais à échelle plus fine et locale, dans un massif reconnu vulnérable aux incendies, la vulnérabilité au feu présente, sauf exception, une forte variabilité spatiale, liée à la nature et la structure des peuplements, à l'exposition (au vent, au soleil), ainsi qu'à la capacité de réserve en eau du sol [2]. Ils sont aussi à prendre en compte dans les stratégies de prévention.

Diagramme des entrants et des étapes pour trouver l'IFM

L'indice forêt-météo est calculée à partir de cinq composantes qui tiennent compte des effets de la teneur en eau des combustibles et du vent sur le comportement des incendies. Les trois premières composantes sont des indices d'humidité des combustibles et les deux autres sont des indices de comportement du feu[3].

Il existe trois sortes de combustibles : les combustibles légers comprennent les feuilles et autres matières organiques qui forment la litière supérieure de la forêt, l'humus comprend les matières organiques en décomposition de moyenne profondeur et finalement il y a le combustible profond particulièrement compact. On donne une valeur numérique à chacun de ces combustibles selon son degré de sécheresse. Les combustibles légers sont importants pour l'initiation du feu mais ce sont les deux autres qui permettent son développement. L'indice d'inflammabilité du combustible profond est spécifiquement important car il fluctue lentement. Une fois le feu est démarré, il peut persister très longtemps si cette couche est particulièrement sèche.

Les composantes sur le comportement du feu sont : la propagation d'origine, qui combine les effets du vent et de l'indice du combustible léger sur le taux de propagation, et la combustible disponible qui combine les apports de l'humus et des combustibles profonds.

L'indice forêt-météo calculé à partir de ces composantes est un nombre entier. En France, il est entre 0 et 20, 20 étant le risque maximal, tandis qu'au Canada il peut dépasser 30. On utilise les informations suivantes qui permettent d'évaluer à la fois la sécheresse des combustibles et les conditions météorologiques :

Ces données doivent être prises en continue durant toute l'année car le degré de sécheresse des couches profondes se bâtit sur de longues périodes.

Utilisation

France

L'indice est calculé pour 40 zones du territoire, dont trois sont dans les Landes (département abritant la plus grande forêt de France). Météo France transmet l'IFM aux autorités de sécurité civile, qui peut ainsi pré-positionner les moyens (dont les bombardiers d'eau) aux lieux les plus risqués. Le mode de calcul est révisé l'ensemble des ans pour prendre en compte des nouvelles données[4].

En croisant cet indice avec des facteurs de vulnérabilités liés au sols, topographie et exposition, on a produit «un indice composite représentatif des capacités de rétention en eau d'une station. L'indice final de sensibilité au feu, fruit du croisement des indices de sensibilité de végétation et de capacité de rétention en eau comporte 5 classes [2]». Quoiqu'en zone méditerranéenne, le nombre de feu ait diminué tandis que l'indice augmentait, sur le moyen terme (1983-2008) et pour les moyennes, il y a corrélation entre le nombre annuel de départs de feux et la moyenne annuelle de l'IFM : l'IFM moyen annuel a augmenté de 20 % tandis que le nombre de départ de feu augmentait aussi de 20% sur la totalité du territoire métropolitain. On ne mesure pour le moment pas les variations locales de corrélation, mais «un ordre de grandeur à retenir en attendant est qu'une augmentation de la température moyenne sur le territoire de 1 °C accroit d'environ 20% l'aléa départ de feux [2]» Selon Météo-France et les simulations faites avec le modèle Arpege-Climat, l'aléa croît plus rapidement que le réchauffement climatique [2]. Selon les modèles de Météo-France, 75 % de la France serait soumise à l'aléa entre 2051 et 2070 (selon les cartes de la page 48/190 du rapport de 2010 de la mission interministérielle Changement climatique et extension des zones sensibles aux feux de forêts [2])

Canada

Chaque organisme provincial de lutte contre les incendies de forêt calcule l'indice pour les différentes régions qu'il contrôle. L'indice est utilisé dans un autre indice nommé «méthode de prévision du comportement des incendies de forêt» qui inclut aussi des données sur les types de combustibles et sur le terrain (altitude, pente et exposition) pour établir des prévisions de la vitesse de propagation, de la consommation de combustible et de l'intensité du feu[5].

Voir aussi

Liens externes

Bibliographie

Notes et références

  1. (en) J. A. Turner et B. D. Lawson, Weather in the Canadian Forest Fire Danger Rating System. A user guide to national standards and practices. , Environnement Canada, Centre de recherches forestières du Pacifique, Victoria (Colombie-Britannique) , 1978
    Inf. Rep. BC-X-177
     
  2. Christian Chatry Jean-Yves Le Gallou, Michel Le Quentrec Jean-Jacques Lafitte, Denis Laurens Bertrand Creuchet, Jacques Grelu, Rapport final de la mission interministérielle «Changement climatique et extension des zones sensibles aux feux de forêts» Conseil général de l'environnement et du développement durable, 190 pages
  3. (fr) Feux de forêt : La méthode canadienne de l'indice forêt-météo, Renseignements généraux, Ressources naturelles Canada, 2009. Consulté le 2009-09-13
  4. (fr) Plein feu sur la forêt, Météo-France. Consulté le 2009-09-13
  5. (fr) Évaluation des dangers d'incendie de forêt, 2009, Atlas du Canada, Ressources naturelles Canada, 20 août 2009. Consulté le 2009-09-13

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