Qualité métrologique des appareils de mesure

La qualité métrologique d'un instrument de mesure ou d'un capteur est la totalité des données qui caractérisent la qualité de la mesure effectuée par le système reconnu.


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La qualité métrologique d'un instrument de mesure ou d'un capteur est la totalité des données qui caractérisent la qualité de la mesure effectuée par le système reconnu.

Les principales caractéristiques des instruments de mesure (ou propriétés métrologiques des systèmes de mesure) sont définies dans le cadre du vocabulaire international de métrologie et comprennent, entre autres :

  • l'étendue de mesure ;
  • la résolution ;
  • la sensibilité ;
  • l'exactitude ;
  • la justesse ;
  • la fidélité.

L'étendue de mesure

C'est le domaine de variation envisageable de la grandeur à mesurer. Elle est définie par une valeur minimale et une valeur maximale. Ces deux valeurs extrêmes se nomment la portée minimale et la portée maximale.

A titre d'exemple, un voltmètre aura une étendue de mesure comprise entre 1 volt et 10 volts;

La résolution

La résolution d'un appareil est la plus petite variation de la grandeur mesurée qui produit une variation perceptible de l'indication délivrée par l'instrument. Elle peut être exprimée en points, qui sont alors le nombre de valeurs différentes que l'instrument peut afficher. Par exemple un multimètre de 2000 points pour une étendue de 2 V peut afficher l'ensemble des valeurs comprises entre 0, 000 V et 1, 999 V, sa résolution est par conséquent de 1 mV.

On rencontre aussi une autre notation. Un appareil sera dit «3 point 1/2» au lieu de «2000 points». Cela veut dire que l'instrument peut afficher une mesure avec trois chiffres après la virgule, plus un «demi chiffre» représenté par un 1 ou un zéro avant la virgule. [réf.  nécessaire]

La sensibilité

Cas général

La sensibilité est un paramètre exprimant la variation du signal de sortie d'un appareil de mesure selon la variation du signal d'entrée.

Un appareil est d'autant plus sensible qu'une petite variation de la grandeur G à mesurer provoquera un changement plus grand de l'indication donnée par l'appareil de mesure.

Nota : si la valeur d'entrée est de même nature que la valeur de sortie, la sensibilité est nommée gain.

La sensibilité au voisinage d'une valeur donnée de la grandeur G à mesurer s'exprime de la manière suivante :

S=\frac{{\rm d}I}{{\rm d}G} [1]
I : Indication donnée par l'essai
G : Quantité de grandeur à mesurer

On considère le plus souvent qu'il s'agit de la pente de la courbe de graduation sur un intervalle : la sensibilité moyenne.

On peut écrire alors :

\bar S=\frac{\Delta I}{\Delta G} [2]

Exemple :

La largeur d'échelon d'un volucompteur est de 1 cm et la valeur de cet échelon est de 5 cl.

S=\frac{10 mm}{5 cl}=\frac{2 mm}{cl}

Cas d'un appareil linéaire

La formule [2] n'a de sens que si sur cet intervalle de mesure l'appareil est linéaire. C'est-à-dire si la sortie est proportionnelle à l'entrée.

Sensibilite theorique.png
S=\frac{{\rm d}I}{{\rm d}G}=\operatorname{tan} \  \varphi [3] ou encore \varphi = \operatorname{Arctan} \left( \frac{{\rm d}I}{{\rm d}G} \right)

En pratique, on réalise une courbe d'étalonnage où la linéarité est approchée. Pour déterminer la droite on peut utiliser la méthode des moindres carrés.

Il faut préciser que le plus souvent une pente (d'une dépendance linéaire entre deux grandeurs physiques) a sa propre unité de mesure. Prenons comme premier exemple la dépendance entre l'intensité du courant dans un circuit électrique simple (contenant une source de tension continue et une résistance) selon la tension. Dans ce cas la pente de la droite I=\frac{U}{R} a la dimension de l'inverse d'une résistance électrique. Et cette pente est calculée à partir de la formule \frac{\Delta I}{\Delta U}, ou \frac{I}{U} (point U, I pris sur la droite) car la droite doit passer par l'origine du dispositif de coordonnées. Il ne faut pas confondre la pente de la droite physique (ou logique) et la pente de la droite dessinée, qui dépend des échelles utilisées.

Prenons un autre exemple : la détermination de la constante de Planck à partir de l'effet photoélectrique faite par Millikan : selon la fréquence du rayonnement monochromatique qui produit l'effet photoélectrique externe on détermine la tension électrique de freinage qui arrête les photoélectrons. La loi de conservation de l'énergie pour ce processus s'écrit : hν = Eext + eU ou h est la constante de Planck, ν la fréquence du rayonnement monochromatique, Eext le travail d'extraction (des électrons du matériau), e est la charge des électrons et U la tension de freinage qui arrête les photoélectrons. La représentation U (ν) c'est-à-dire U=-\frac{E_{ext}}{e}+\frac{h}{e\nu} donne une droite dont la pente théorique est \frac{h}{e}; la pente expérimentale reste obtenue à partir de la droite tracée, par \frac{\Delta U}{\Delta\nu}. Finalement on égale les deux pentes, théorique et expérimentale, on connaît la valeur de la charge de l'électron et on obtient la valeur de la constante de Planck.

Pour des métaux et pour la lumière visible on a des fréquences de l'ordre de 1014 Hz et des tensions de l'ordre du Volt, ce qui donne des pentes physiques de l'ordre de 10 − 15 V/Hz ou 10 − 15 V. s. La valeur numérique, de 10 − 15, est proche de zéro, ce qui conduirait faussement à l'idée que "l'angle", si on considère la signification fausse de la pente physique comme la tangente d'un angle sur le graphique, est presque nul. On a omis délibérément l'unité de mesure pour la pente dans ce raisonnement, mais normalement on ne doit jamais le faire. En plus, en ce qui concerne la représentation graphique, les meilleurs résultats expérimentaux sont obtenus lorsque la pente visuelle est proche de 45 degrés, c'est-à-dire qu'on choisit correctement les échelles verticale et horizontale.

Sensibilite experimentale.png

L'exactitude de mesure

Un instrument de mesure est d'autant plus exact que les résultats de mesure qu'il indique coïncident avec la valeur vraie (par définition théorique) qu'on cherche à mesurer.

L'exactitude est plus aisée à définir par l'erreur de mesure. Elle s'exprime en unité de grandeur (erreur absolue) ou en pourcentage (erreur relative).

En dehors des conditions opératoires, l'exactitude d'un appareil est principalement liée à deux types de caractéristiques : la justesse et la fidélité. Un appareil est exact s'il est à la fois juste et fidèle.

L'exactitude d'un appareil de mesure peut aussi être entachée par des causes extérieures : erreur opératoire, erreur génèrée par les grandeurs d'influences (température, pression etc), erreur de référence ou d'étalonnage, erreur d'hystérésis, erreur de finesse etc.

La justesse

L'erreur de justesse est l'erreur globale résultant de l'ensemble des causes pour chacun des résultats de mesure pris isolément. C'est par conséquent l'aptitude de l'appareil à donner des résultats qui ne sont pas entachés d'erreur.

Dans le cas de mesures multiples c'est l'écart entre le résultat moyen et la valeur vraie.

J= \bar v - V
\bar v : Moyenne arithmétique de la plupart de mesures
V : Valeur vraie (ou conventionnellement vraie)

Si on effectue une représentation en deux dimensions en considérant la valeur vraie comme l'origine on considère généralement l'erreur de justesse comme le barycentre de la totalité des mesures.

représentation dans un espace en deux dimensions de la justesse
\begin{matrix}
& \bar d & = & \sqrt{{\rm (\sum \cdot \ ( \frac{Ox_i}{n} )ˆ2)} + {\rm (\sum \cdot \ ( \frac{Oy_i}{n} )ˆ2)} {\rm  }} \\
& & = & \sqrt{{\rm ( {\overline {Ox}})ˆ2} + {\rm  ( {\overline {Oy}})ˆ2}} 
\end{matrix}

La fidélité

Définition : La fidélité est l'aptitude d'un appareil de mesure à donner des mesures exemptes d'erreurs accidentelles.

La fidélité définit la dispersion des résultats. Si on n'effectue qu'une seule mesure, la fidélité représente la probabilité qu'elle soit représentative du résultat moyen. Ce dernier aurait été obtenu en effectuant une illimitété de mesures.

Nota : le résultat moyen étant lui-même entaché de l'erreur de justesse.

Si on effectue un ensemble de mesures d'une grandeur G, on obtient une valeur maximum (Vmax) et une valeur minimum (Vmin). Les erreurs limites de fidélité sont alors :

F_{max}=+\frac{V_{max}-V_{min}}{2}
F_{min}=-\frac{V_{max}-V_{min}}{2}

Exemple :

Des mesures répétées avec un voltmètre donnent

Umax = 100, 2V
Umin = 99, 7V
F = \pm \frac {100 99,7}{2} = \pm \frac{0,5}{2} = \pm 0% {\rm V}

Conclusion

On peut représenter symboliquement la fidélité, la justesse et la précision de la manière suivante :

représentation symbolique de la fidélité, la justesse et la précision en métrologie

Voir aussi

Liens externes

Normes internationales

Bibliographie

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 11/11/2010.
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