Vitesse de la lumière

La vitesse de la lumière dans le vide, notée c, est une constante physique, et par conséquent un invariant relativiste. Elle a été fixée à 299 792 458 m/s en 1983 par le Bureau international des poids et mesures.


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Page(s) en rapport avec ce sujet :

  • La vitesse de la lumière est le nouvel étalon de longueur.... Il a fallu attendre les mesures de Bradley pour être convaincu du fait.... (source : villemin.gerard.free)
  • Galilée devait dévoiler sa lanterne et mesurer le temps qu'il fallait à la... La vitesse de la lumière est ainsi devenue une constante principale.... (source : ac-nice)
  • ) Déplacement du foyer et variation de la vitesse lumière... montre que dans un dispositif de référence donnée, la vitesse de la lumière est une constante.... On mesure la vitesse de la lumière dans l'espace à 312 000 km/sec.... (source : astrosurf)

La vitesse de la lumière dans le vide, notée c (pour «célérité», la lumière se manifestant macroscopiquement comme un phénomène ondulatoire), est une constante physique, et par conséquent un invariant relativiste. Elle a été fixée à 299 792 458 m/s en 1983 par le Bureau international des poids et mesures (cette valeur définissant ainsi le mètre).

Avant-propos

Le nom de cette constante est fréquemment source de confusion : il est important de comprendre que la vitesse de la lumière n'est pas une constante physique en soi, elle ne coïncide avec la constante physique c que dans le vide, et seulement parce que les photons ont une masse nulle.

À la rigueur, la question de la constance de la vitesse de la lumière dans le vide, telle qu'observée par quantum d'énergie transporté par les photons, ne peut être complètement tranchée : il est théoriquement envisageable que les photons aient une masse non nulle (les mesures ne peuvent que plafonner cette masse hypothétique et non prouver qu'elle n'existe pas). Cependant, même s'il était avéré que les photons ont une masse non nulle, cela ne remettrait pas en cause le principe de la constante c, mais donnerait plutôt une limite de précision de son observabilité dans nos modèles de référence ; on conserverait avec c une limite absolue de vitesse que les photons observés ne pourraient pas eux-mêmes atteindre dans le vide.

Historique

Après les spéculations d'Empédocle, d'Alhazen ou de Roger Bacon, et les tentatives malheureuses de Galilée avec des aides démasquant des lanternes, la première estimation expérimentale est due à l'astronome danois Ole Christensen Rømer : en étudiant le cycle des éclipses de Io, satellite de Jupiter, il trouve que 40 révolutions observées lors d'une quadrature de Jupiter avec la Terre sont décalées dans le temps comparé à 40 autres observées quand les deux planètes sont au plus proche. Il en déduit que lorsque Jupiter et la Terre sont en positions opposées comparé au soleil, la lumière de Jupiter met 22 minutes de plus pour nous parvenir que quand les deux planètes sont au plus proche, ce retard correspondant au temps supplémentaire de parcours par la lumière du diamètre de l'orbite terrestre.

En septembre 1676, il prédit ainsi pour une émersion de Io, un retard de 10 minutes (observé le 9 novembre) comparé à la table établie par Cassini. La lumière mettait ainsi 11 min pour parcourir le rayon de l'orbite terrestre, mais ce rayon était mal connu, les mesures étant dispersées entre 68 et 138 millions de kilomètres, valeurs toutes fausses.

Rømer (qui trouva ensuite 7 min), Cassini, Newton et bien d'autres perfectionnèrent la précision du temps de parcours, mais il fallut attendre que Delambre analyse un millier d'éclipses, réparties sur 140 ans, pour trouver la valeur de 8 min 13 s (la valeur correcte est de 8 min 19 s).

L'étape suivante est due à James Bradley : en 1727, étudiant les variations de déclinaison de l'étoile Gamma du Dragon, il découvre le phénomène de l'aberration de la lumière, dû à la combinaison de la vitesse de la lumière avec celle de la Terre ; il en déduit que la vitesse de la lumière vaut 10 188 fois celle de la Terre. Mais la vitesse de la Terre était mal connue, dans la mesure où elle dépend du rayon de son orbite.

Schéma illustrant la mesure de la vitesse de la lumière par le dispositif de roue dentée de Fizeau. La lumière passe à travers un miroir semi-réfléchissant puis à travers une échancrure de la roue dentée. Elle parcourt une certaine distance, se réfléchit sur un miroir et revient vers la roue qui, entre-temps, a tourné. La connaissance de la distance totale parcourue par la lumière et de la vitesse de rotation de la roue indispensable à ce que la lumière, lors de son retour, soit bloquée par une dent de la roue, sert à déterminer la vitesse de la lumière.

La première mesure, indépendante d'une autre mesure, est faite par Hippolyte Fizeau, en 1849. En opérant entre Suresnes et Montmartre avec un système à roue dentée, il trouve 315 000 km/s (donc majorée avec une erreur d'uniquement 5 %, un résultat déjà impressionnant pour l'époque puisque l'expérience s'est contentée de moyens matériels d'une taille particulièrement restreinte eu égard à la vitesse calculée obtenue).

Un nouveau progrès est fait par Léon Foucault avec un système à miroir tournant, qui lui permet d'opérer sans sortir du laboratoire. En 1850, il montre que la lumière se déplace moins vite dans l'eau, en accord avec la théorie des ondulations. En 1862, il trouve la valeur de 298 000 km/s.

Les mesures (et les méthodes) vont alors se multiplier :

Après la Deuxième Guerre mondiale, le géodimètre, la cavité résonnante, le radar, le radio-interféromètre, la spectrométrie de bande, et en particulier le laser, vont permettre un bond dans la précision :

Par cette dernière définition, la communauté scientifique entérine la définition de la vitesse de la lumière dans le vide absolu (un vide théorique car il est uniquement approché et simulé dans les modèles expérimentaux actuels) comme une constante universelle, sur laquelle se fondent ensuite l'ensemble des mesures d'espace et de temps.

Elle comporte aussi l'avantage conséquent de ne plus se baser sur les raies spectrales d'éléments atomiques (jusque là une raie du krypton-86 depuis 1960, déjà complexe à purifier et isoler dans des états stables sur des échantillons suffisamment significatifs pour obtenir la précision souhaitée), ce qui élimine en même temps d'une part les sources d'imprécision ou d'incertitude relatives aux variétés isotopiques ou subatomiques (qui influent sur la largeur des raies spectrales toujours aujourd'hui mesurées) et d'autre part l'obligation de reproduire plus précisément des conditions de mesure basées sur un modèle expérimental (des conditions qui peuvent désormais évoluer indépendamment de cette définition et se perfectionner en précision à un coût moindre, suivant les nouvelles découvertes), surtout avec mesure des fréquences (ou de façon équivalente) de longueurs d'ondes de raies spectrales caractéristiques (qui restent à étudier pour mettre en pratique cette définition).

Cependant, elle présuppose toujours l'existence d'un modèle expérimental pour l'établissement de la définition de la seconde, dont dépend alors celle du mètre puisque la vitesse de la lumière dans le vide dont dépend aussi cette définition est désormais établie comme une constante universelle. C'est tout de même un progrès du dispositif puisqu'un des deux éléments de variabilité a été éliminé, et aussi parce que c'est dans le domaine de la mesure du temps (ou des fréquences) que les progrès principaux ont été obtenus en termes de précision.

Une définition identique concernant l'unité de masse (ou de façon équivalente de celle d'énergie) pourrait aussi utiliser à terme la définition d'une constante universelle, lorsque le phénomène de gravitation sera mieux connu et maîtrisé pour mieux préciser la vitesse de la lumière dans un vide non parfait (puisque l'espace et le temps subissent l'influence énorme de la gravitation, ce qui influe sur la vitesse effectivement mesurée de la lumière dans le vide réel toujours observé).

La vitesse de la lumière dans le vide

D'après les théories de la physique moderne, et surtout les équations de Maxwell, la lumière visible, et même le rayonnement électromagnétique généralement, a une vitesse constante dans le vide ; c'est cette vitesse qu'on nomme vitesse de la lumière.

C'est par conséquent une constante physique principale. Elle est notée c (du latin celeritas, «vitesse»). Elle n'est pas uniquement constante en l'ensemble des lieux (et à l'ensemble des âges) de l'Univers (principes cosmologiques faible et fort, respectivement)  ; elle l'est aussi d'un repère inertiel à un autre (principe d'équivalence restreint). En d'autres termes, quel que soit le repère inertiel de référence d'un observateur ou la vitesse de l'objet émettant la lumière, tout observateur obtiendra la même mesure.

La vitesse de la lumière dans le vide est notée c (valeur exacte recommandée depuis 1975, devenue exacte par définition depuis 1983)  :

c = 299 792 458 mètres par seconde

Constance de la valeur

Cette valeur est exacte par définition. En effet, depuis 1983, le mètre est défini à partir de la vitesse de la lumière dans le vide dans le système international d'unités, comme étant la longueur du trajet parcouru dans le vide par la lumière pendant une durée de 1/299 792 458 de seconde. Ce qui fait que le mètre est actuellement défini par la seconde, via la vitesse fixée pour la lumière.

On pourrait objecter que la constance de la vitesse de la lumière quelle que soit la direction, pilier de la physique, est vraie par construction, par le choix des définitions des unités du dispositif international. Cette objection est fausse parce que le choix d'une définition du mètre basée sur la seconde et la lumière est en fait une conséquence de la confiance absolue des physiciens en la constance de la vitesse de la lumière ; cette confiance était exprimée tandis que la définition du mètre de 1960 reposait sur un phénomène radiatif indépendant de celui définissant la seconde.

Interaction de la lumière avec la matière

Cependant, la vitesse de la lumière, sans autre précision, s'entend le plus souvent pour la vitesse de la lumière dans le «vide». Si aucun objet dans quelque milieu que ce soit ne peut dépasser la vitesse de la lumière dans le vide, dépasser la vitesse de la lumière dans le même milieu est envisageable : par exemple, dans l'eau les neutrinos peuvent aller beaucoup plus vite que la lumière (qui s'y trouve elle-même énormément ralentie). Cela est à l'origine de l'effet Tcherenkov.

Pourquoi la vitesse de la lumière dans le vide est-elle la plus grande vitesse envisageable ?

Composition de vitesses relativistes. Les vitesses sont exprimées en prenant pour unité la vitesse de la lumière.

La vitesse de la lumière dans le vide n'est pas une vitesse limite au sens conventionnel. Nous avons l'habitude d'additionner des vitesses, par exemple nous estimerons normal que deux voitures roulant à 60 kilomètres à l'heure en sens opposés se voient l'une et l'autre comme se rapprochant à une vitesse de 60 km/h + 60 km/h = 120 km/h. Et cette formule approchée est idéalement légitime pour des vitesses de cet ordre (60 km/h16, 67 m/s).

Mais, quand l'une des vitesses est proche de celle de la lumière dans le vide, un tel calcul classique s'écarte trop des résultats observés ; en effet, dès la fin du XIXe siècle, diverses expériences (surtout, celle de Michelson) et observations laissaient apparaître une vitesse de la lumière dans le vide semblable dans tous les repères inertiels.

Minkowski, Lorentz, Poincaré et Einstein introduisirent cette question dans la théorie galiléenne, et s'aperçurent de l'obligation de remplacer un principe implicite et incorrect par un autre compatible avec les observations :

Diagramme des compositions de vitesses. Le côté asymptotique de la vitesse c (ici, 1) apparaît nettement.

Après mise en forme calculatoire, il se dégagea que la nouvelle formule de composition comportait un terme correctif en 1/ (1+vw/c²), de l'ordre de 2, 7×10-10 uniquement à la vitesse du son.

L'effet devient plus visible quand les vitesses dépassent c/10, et spectaculaire à mesure que v/c se rapproche de 1 : deux vaisseaux spatiaux voyageant l'un vers l'autre à la vitesse de 0, 8 c (comparé à un troisième observateur), ne percevront pas une vitesse d'approche (ou vitesse relative) égale à 1, 6 c, mais uniquement 0, 98 c en réalité (voir tableau ci-contre).

Ce résultat est donné par la transformation de Lorentz :

u =  \frac{v+w}{1 + v w / cˆ2}

v et w sont les vitesses des vaisseaux spatiaux, et u la vitesse perçue d'un vaisseau depuis l'autre.

Ainsi, quelle que soit la vitesse à laquelle se déplace un objet comparé à un autre, chacun mesurera la vitesse de l'impulsion lumineuse reçue comme ayant la même valeur : la vitesse de la lumière ; par contre, la fréquence observée d'un rayonnement électromagnétique transmis entre deux objets en déplacement relatif (mais aussi les quantums d'énergie associée entre le rayonnement émis et le rayonnement perçu par l'objet cible) sera modifiée par effet Doppler-Fizeau.

Albert Einstein unifia les travaux de ses trois collègues en une théorie de la relativité homogène, appliquant ces étranges conséquences à la mécanique classique. Les confirmations expérimentales de la théorie de la relativité furent au rendez-vous, à la précision des mesures de l'époque près.

Dans le cadre de la théorie de la relativité, les particules sont classées en trois groupes :

Les masses au repos combinées avec le facteur multiplicatif \gamma = \frac{1}{\sqrt{1 - \frac{vˆ2}{cˆ2}}} donnent une énergie réelle pour chacun des groupes définis auparavant.

Cas de dépassements apparents

Ce qu'interdit la relativité restreinte, c'est de transporter l'énergie ou l'information plus vite que c.

Seuls peuvent «voyager» plus vite que c (à vitesse dite supraluminique) des fronts virtuels (certains veulent citer l'exemple de l'ombre portée à longue distance d'un objet en rotation autour d'une source lumineuse, mais oublient de préciser la forme réelle de cette «ombre», même si la lumière est transportée en ligne «droite» dans le vide sur ces distances en oubliant de prendre en compte la dispersion des transporteurs de la lumière par le phénomène probabiliste de la diffraction ; et on ne peut pas se servir de ces objets immatériels pour transmettre un signal, ni de l'énergie. Ce ne sont en fait même pas des objets à proprement parler.

Le paradoxe EPR et son expérimentation ont montré que la physique quantique donne des exemples pour lesquels les particules se comportent comme si elles pouvaient se coordonner tandis que les écarts dans l'espace et le temps réclameraient pour cela de dépasser c. Pourtant, ce phénomène ne peut précisément pas être utilisé pour transmettre de l'information.

Voir aussi

Notes et références

Liens externes

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